La psychanalyse aujourd’hui: science ou psychothérapie?

Le texte suivant est inspiré par une exigence de clarification concernant la distinction entre psychanalyse et psychothérapie. Il s’agit d’une distinction qui, comme nous le verrons, se révèle capitale non seulement du point de vue théorique et pratique, mais aussi politique, étant donné que les autorités des diverses nations sont amenées à trancher sur ce sujet et à d’aboutir à des lois réglementant ces activités.

A ce propos, il me faut dénoncer les risques liés à de telles réglementations imposées du dehors, et qui vont jusqu’à la possibilité de dénaturer et donc d’abolir la psychanalyse en tant que libre activité scientifique et culturelle. Mon intervention est aussi la traduction en forme partielle d’un article à paraître en Italie et fait parfois allusion à la situation particulière de la psychanalyse dans ce pays.

Le débat autour de la nature, du statut et des buts de la psychanalyse, née comme Talking cure mais devenue progressivement un phénomène dépassant largement le cadre thérapeutique, a toujours été très ouvert et n’est pas encore conclu. Il existe en effet des avis très contrastant à ce sujet. Plutôt significative en Italie apparaît l’intention, de la part des corporations médicale et psychologique, d’englober la psychanalyse dans la psychothérapie, ceci malgré que le décret législatif réglementant l’exercice de la psychothérapie ne mentionne aucunement la psychanalyse ni même l’expression “psychothérapies de type analytique”, formule qui aurait pu prêter à confusion et que les associations psychanalytiques interpellées à l’époque ont donc fait enlever du texte. On peut certes soutenir que la psychanalyse est un genre de psychothérapie, mais on ne devrait pas prétendre d’imposer son opinion à toute une classe de personnes qui, en commençant par Freud, ont toujours privilégié le statut scientifique de leur discipline. La démocratie culturelle impose justement le respect pour toutes les orientations. Ceci est encore plus vrai dans le cas d’une discipline devenue depuis longtemps une véritable approche à la connaissance humaine. C’est parce que la psychanalyse est plus qu’une thérapie qu’aucun intellectuel qui se respecte ne saurait ignorer ses clés de lecture qui ont elles-même contribué à soulever de nouvelles questions comme celle sur le statut d’objectivité des sciences. L’inconscient concerne en effet aussi les scientifiques et leur langage, surtout quand ils se trouvent à spéculer sur des inférences comme le big bang, les neutrinos ou les gravitons. On peut naturellement se demander, comme fait Prigogine citant une intervention de Hadamart, quel poids a la fantaisie et donc l’inconscient dans la créations de pareils modèles scientifique.

L’épistémologie scientifique est inextricablement liée à l’axiome aristotélicien qui circonscrit la science dans le champ de l’universel. Une grande partie du travail mené par les scientifiques de tous les temps a consisté, selon Kuhn, à extraire de la Nature des constantes universelles. En psychanalyse Freud a vu dans l’Oedipe ce qu’il y a de plus universel dans l’être humain et Jung a été le premier à intéresser aux constantes archétypiques de la fantaisie. Ces modèles ont depuis démontré leur valeur heuristique, mais ils ne sont pourtant pas exempts de subjectivité. Si nous considérons l’évolution du concept de science dans la modernité il faut admettre que le recours à des “constructions” ou modèles est devenu légitime. Ceci parce que étant donné la nature particulière des objets d’étude (les quanta en physique et l’inconscient et ses complexes en psychanalyse) ces constructions viennent à assumer la valeur d’instrument nécessaire plutôt que de facteur contaminant. La science moderne intéresse aux phénomènes, et ceux-ci ne sont pas complètement dissociables des qualités subjectives de l’observation.

Malgré cela, la psychanalyse scientifique, contrairement à la psychothérapie analytique qui ne pose aucun problème de compréhension, a toujours suscité des discussions, et ceci en dépit de sa définition bien connue de science de l’inc., et que son but respectif soit la connaissance de soi. Mais voilà, que signifie donc les termes d’inc. et de soi pour la mentalité objective? Une des plus grandes difficultés rencontrées par la psychanalyse lui dérive, comme je l’est souligné ailleurs*, de son statut quelque peu ambigu de “science de la subjectivité”, qui va jusqu’à renverser la formule d’Aristote “il n’est de science que de l’universel” en “il n’est de science (psychanalytique) que du singulier, su subjectif”. Ce qui ne passe pas au filtre de la mentalité objective c’est que l’inc. ne soit pas objectivable en une substance. Autrement dit, la personne avec son histoire et ses expériences particulières, avec ses idées et ses propres valeurs personnelles et culturelles n’est pas réductible aux réseaux de neurones, bien que les liaisons entre psyché et cerveau ne laissent aucun doute. Mais le biologique n’est que le nécessaire support matériel de la psyché, tandis que les divers troubles psychiques ont leurs causes dans des motivations inhérentes aux questions humaines, au registre du Symbolique. Ne pas comprendre ce simple fait porte la psychiatrie officielle à considérer la plupart des troubles psychiques comme des “maladies mentales” d’ordre héréditaire et à les “soigner” par voie pharmacologique. La psychothérapie, quant à elle, ne fait guère mieux en prétendant “soigner” des maux (mots) sans avoir à comprendre leurs significations symboliques. La psychothérapie est concentrée sur des critères étrangés à la psychanalyse et à son éthique, comme efficacité et l’efficience. La technologie chimique et la technique thérapeutique semblent pouvoir contenir l’inc. et rendre le “malade” à une normalité qui est, comme le relève Szasz, plus souvent celle de la société que la sienne personnelle.

La psychanalyse n’interprète pas la déviance comme pathologie, mais intéresse aux vérités énoncées par le sujet. “Analyser” signifie mettre à disposition de la personne un espace privilégié dans lequel nos propres paroles peuvent être entendues au lieu de leur vérité. Ceci est possible car avec le temps le fait d’être écouté et accepté pour ce que l’on est porte à s’écouter et à s’accepter. L’analysant paye l’honoraire pour prendre conscience de ce qu’il est et l’analyste doit être libre d’accepter les vérités de l’analysant même quand celles-ci ne rentrent pas dans une théorie. Sur ce point je dois dire qu’en lisant Freud on a parfois l’impression qu’“approfondir” signifiait pour lui arriver à la théorie sexuelle. C’est pour cette raison d’ailleurs que l’on peut considérer l’oeuvre de Jung comme un élargissement du champ de la psychanalyse. Mais cette dernière en tant qu’approche se place au delà des divergences théoriques intrinsèques. Elle reste cette expérience particulière par laquelle le sujet se réapproprie de son histoire et de ses vérités. Les symptômes sont objets d’intervention analytique parce qu’ils expriment quelque chose et qu’ils sont à déchiffrer comme les lapsus ou les rêves. Si l’intervention analytique servait à fournir des conseils ou des solutions prêtes à l’usage, elle serait bien alors d’ordre thérapeutique. Mais l’analyste ne doit pas tomber dans le piège tendu par les résistances, sous peine d’élider l’inc. et de vendre à ses clients une prestation ne correspondant pas à l’accord qu’il a pris avec eux, et qui les transformerait en patients.

Il est en effet fondamental que les règles de l’analyse soient exprimées clairement dès le début. L’analysant doit savoir par ex. que le rôle de l’analyste est d’analyser le matériel qui émerge en séance, sans intervenir directement sur les symptômes. Un autre préliminaire tout aussi fondamental est la libre condition intellectuelle de l’analyste. Szasz remarque justement que si l’analyste entend enseigner la liberté et l’autonomie, il ne peut que rester libre lui-même. Ainsi, même s’il adhère à une école de pensée ou à une institution psychanalytique, il ne doit avoir de compte à rendre qu’à lui même. Egalement, il ne saurait s’appuyer sur d’autres légitimation que celle lui provenant d’une conquête intérieure. Celle-ci s’acquiert par une analyse personnelle (la seule à être véritablement “didactique” selon Lacan). Ajoutons au passage que l’analyse personnelle ne saurait non plus représenter un critère formatif absolu, étant donné que certains pionniers n’en ont pas bénéficié bien qu’à un certain moment ils auraient pu le faire. Et puis parce que l’analyse ne peut être considérée l’unique moyen d’arriver à une certaine connaissance de l’inc. A’ ce propos Jung se montra plutôt ouvert en écrivant qu’une formation adéquate pouvait aussi bien dériver d’une expérience de vie particulièrement riche et intense, de la connaissance de beaucoup de personnes, de lieux et de cultures différentes. En somme, la psychanalyse peut bien sûr privilégier certains critères formatifs, mais elle ne devrait avoir de préjugé d’aucune sorte.

Retournons à présent à la question de l’écoute. On pourrait penser qu’il n’est nul besoin de recourir à un analyste pour être écouté, qu’un ami saurait suffire et qu’en outre on ne devrait raisonnablement pas s’attendre beaucoup d’une chose aussi “soft” comme l’écoute. En ce qui concerne la première objection il nous faut remettre sérieusement en doute la possibilité de trouver chez l’ami une écoute autentique et profonde comme celle de l’analyste. Il suffirait de se demander combien de fois nous nous sommes sentie vraiment écoutés et acceptés pour ce que l’on est pour s’aperçevoir de la rarité d’une telle situation. L’ami tient compagnie, échange (ou tente d’imposer) des opinions, entre dans notre vie, mais n’est pas neutre; il a des prétentions, il entre en compétition et surtout il ne tient pas compte des facteurs inconscients qui peuvent entrer en jeu dans le rapport. En somme, l’ami n’est pas particulièrement disposé à l’écoute. La seconde objection demande une réponse plus articulée. En effet, que signifie “savoir écouter”? Il va sans dire que l’écoute est plus qu’une simple question d’ouie, c’est ce qui permet d’approcher les vraies motivations des discours, celles qui se cachent et en même temps se révèlent derrière une négation, un oubli ou un rêve. Il existe sous ce profil une certaine analogie avec le taoïsme zen dont les koans produisent souvent des effets révélateurs concernant la réalité plus intime de l’adepte.

 La psychanalyse trouve donc dans l’écoute l’élément qui plus la caractérise dans la pratique. Ecouter est la seule chose qu’un analyste doit absolument savoir faire, l’unique prestation qu’il a véritablement le devoir d’offrir à l’analysant. Je crois que si la psychanalyse entend préserver son âme, elle doit honnêtement se limiter à remplir dans la pratique sa fonction analytique, en reconnaissant ses limites, surtout d’ordre strictement thérapeutique, liées à sa nature scientifique ainsi qu’à sa propre éthique. Elle ne vise directement ni la cure des symptômes, ni l’application de solutions specifiques pour chaque type de problème, mais l’obtention d’une clarté suffisante envers soi même. Le besoin de parler à quelqu’un sachant écouter est probablement aussi ancien que l’homme et forme une dynamique qui se retrouve dans tous les rapports interpersonnels. En effet, le transfert devrait à mon avis être vu, plus que comme une recherche inconsciente de figures parentales, comme une recherche jamais réussie dans le passé: celle d’un interlocuteur capable d’écouter.

Antoine Fratini

 

Bibliographie:

 

Prigogine/Stengers, La nouvelle alliance

T.Kuhn, La structure des révolutions scientifiques

T.Szasz, L’etica della psicoanalisi, Armando 1979

T.Szasz, Schizofrenia, simbolo sacro della psichiatria, Armando 1984

Freud, Cinque conferenze, Boringhieri

Jung, Ricordi, sogni e riflessioni, Rizzoli

Jung, Pratica della psicoterapia, Boringhieri

Lacan, Fonction et champ de la parole, Seuil 1966

Lacan, Situation de la psychanalyse, Seuil 1966

 

 * Antoine Fratini, Parola e Psiche, Armando 1999.

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La psicoanalisi oggi: scienza o psicoterapia?

 

Quanto andrò a sviluppare di seguito è il mio personale punto di vista su che cosa è la psicoanalisi. Il dibattito circa la natura, lo statuto e gli scopi della psicoanalisi, nata come talking cure e trasformatasi progressivamente in qualcosa che supera di gran lunga i confini della terapia, è sempre stato sin dall’origine del movimento analitico molto aperto e tuttora non può ritenersi concluso. Esistono in effetti delle correnti di pensiero piuttosto contrastanti al riguardo. Particolarmente significativo in Italia mi sembra l’intento, da parte delle corporazioni, di inglobare la psicoanalisi nell’ordinamento della psicoterapia nonostante il testo di legge di riferimento non menzioni minimamente né la psicoanalisi, né l’espressione (che avrebbe potuto prestare a confusione) « psicoterapie di tipo analitico », questo per la puntuale opposizione delle associazioni psicoanalitiche interpellate all’epoca del provvedimento. Qualcuno può certamente sostenere che la psicoanalisi è un tipo particolare di psicoterapia, ma non dovrebbe pretendere di imporre questo suo parere a tutta una classe di studiosi che, a cominciare da Freud, hanno sempre voluto mantenere lo statuto scientifico della loro disciplina. La democrazia culturale impone giustamente il rispetto di tutti gli indirizzi. Questo è ancora più vero nel caso della psicoanalisi che è diventata già da tempo un vero e proprio approccio alla conoscenza umana. Tant’è che un intellettuale che si rispetti, mentre può benissimo ignorare quasi tutto della psicologia e della psicoterapia, non può assolutamente permettersi il lusso di misconoscere le chiavi di letture della psicoanalisi, proprio perché tutti ne parlano. La psicoanalisi ha contribuito addirittura ad aprire quesiti nuovi e particolarmente sottili, come quello sullo statuto di oggettività delle scienze, occasione di numerosi dibattiti interdisciplinari: l’inconscio riguarda la scienza perché riguarda gli scienziati e il loro linguaggio, soprattutto quando questi si trovano a speculare su inferenze come per esempio il big bang, i neutrini o i gravitoni. Viene ovviamente da chiedersi, come fa Prigogine citando un intervento di Hadamart, quanto peso abbia la fantasia e quindi l’inconscio nella creazione di simili modelli scientifici.

L’epistemologia scientifica è indissolubilmente legata all’assioma aristotelico che vede nell’universale il campo esclusivo della scienza. Gran parte del lavoro degli scienziati di tutti i tempi ha corrisposto, come sottolinea Kuhn, nell’isolare dalla mole dei fenomeni delle costanti universali. Tuttora la fisica quantistica non saprebbe fare a meno della costante di Planck. In ambito psicoanalitico Freud pose nell’Edipo ciò che vi è di più universale nell’uomo e Jung fu il primo a ricercare le costanti archetipiche della fantasia. Pur rappresentando ipotesi di lavoro di indubbio valore euristico, sia l’Edipo che gli archetipi rimangono comunque dei modelli o delle interpretazioni che in quanto tali non possono ritenersi esenti da soggettività. Considerando però l’evoluzione del concetto di scienza nella modernità, il fatto di utilizzare costruzioni come l’Edipo e gli archetipi nell’indagine sulla conoscenza umana può essere ritenuto un procedimento scientificamente valido. Questo perché, data la natura particolare degli oggetti di studio (i quanti per la fisica e l’inconscio con i suoi complessi per la psicoanalisi) tali costruzioni vengono ad assumere il valore di strumenti necessari anziché di fattori contaminanti.

Nonostante ciò, come ho fatto notare in una mia precedente pubblicazione*, mentre la psicoanalisi intesa come psicoterapia non pone nessuna difficoltà di comprensione, la psicoanalisi scientifica non ha mai smesso di essere oggetto di discussioni, e questo benché si sia sempre posta come scienza dell’inconscio e che il suo scopo riguardi chiaramente la conoscenza di sé. Già, ma che cosa significano, per la mentalità oggettiva, l’inconscio e il sé? La ragione maggiore per la quale la psicoanalisi scientifica trova così tanta difficoltà ad essere accettata risiede proprio nel suo particolare statuto di « scienza della soggettività » atto a rovesciare l’assioma aristotelico « non c’è di scienza se non dell’universale », in « non c’è di scienza (psicoanalitica) se non del particolare, del soggettivo ». Chiaramente, ciò che è soggettivo non può essere né universale, né oggettivo, cioè non è oggettivabile in una sostanza. La persona con la propria storia particolare e le proprie idee, i propri valori personali e culturali, non può ridursi a nessuna mappa neuronale. In altre parole, la psiche non equivale al cervello, anche se i collegamenti tra i due non lasciano più dubbi. Il biologico costituisce soltanto il necessario supporto materiale della psiche, mentre le motivazioni o cause dei vari disagi psichici rientrano nel campo delle cosiddette « questioni umane » legate al registro del Simbolico, cioè ai valori soggettivi e culturali della persona. Non capire o non volere capire queste cose ha portato in passato a delle aberrazioni come per esempio l’aver attribuito un premio nobel al neurochirurgo portoghese Moniz « per la sua scoperta del valore terapeutico della lobotomia prefrontale in alcune psicosi » o la messa in atto dei programmi di eugenetica su schizofrenici in paesi come la Germania e la Svezia. Tuttora molti disagi psichici, anche quelli che rientrano nella categoria delle nevrosi, vengono considerate dalla psichiatria ufficiale « malattie mentali » di origine ereditaria e curate per via farmacologica.

La psicoanalisi invece non si cura della patologia né della normalità, non etichetta le persone e non ricerca nuove sostanze, ma si occupa dell’intesa delle verità enunciate dal soggetto. « Analizzare » è mettere a disposizione della persona uno spazio privilegiato di parola tale da renderla ascoltabile nella sua verità. Attraverso un percorso disseminato, come sappiamo, da resistenze interiori più o meno difficili da sormontare, l’analizzando può tentare di recuperare sé stesso. Questo perché, sentendosi ascoltati e accettati per quello che si è, si giunge col tempo all’ascoltarsi e all’accettarsi. Freud insistette molto, nei suoi scritti e nelle sue lezioni, sulla questione delle resistenze implicite in un tale lavoro. Esistono molte cose che non si vogliono accettare e esiste anche la paura di vedere sgretolarsi quei significati illusori ai quali tanto ci si affeziona e ci si appoggia nella vita, anche a costo di alienazioni e nevrosi. L’uomo non finisce mai di raccontarsi delle storie su sé stesso, fino a mettersi in situazioni di difficoltà e di disagio rispetto alla propria realtà.

Se quel che conta in analisi sono le verità soggettive, allora i paradigmi, le teorie e la scuola di appartenenza dell’analista rischiano di diventare fuorvianti e problematici. L’analizzando paga l’onorario dell’analista per conoscere le proprie verità, poco importa se queste rientrano o meno in un sistema. E qui devo dire che leggendo Freud a volte si ha l’impressione che per lui « approfondire » significhi arrivare necessariamente alla teoria sessuale. Ma nonostante le varie scuole la psicoanalisi, in quanto approccio alla realtà della persona, a mio modo di vedere rimane sempre una: è quell’esperienza singolare grazie alla quale ci si riappropria del senso delle proprie parole e ci si orienta verso sé stessi. Se la maggior parte dei disagi psichici non presentano tracce di patologia organica è perché i sintomi sono espressioni soggettive, consistono in verità da decifrare. L’intervento analitico ha come unico intento quello di favorire la rivelazione dell’inconscio facendo in modo che le parole dell’analizzando vengano da questi non più eluse, ma ascoltate. In questo senso i sintomi diventano oggetto d’intervento analitico come lo sono per esempio le contraddizioni, i lapsus, le dimenticanze, i tentativi di cambiare o di non rispettare l’accordo preventivamente raggiunto sulle regole e gli scopi dell’analisi, le opinioni fantasiose riguardanti la persona dell’analista, le resistenze verso questioni specifiche… Se l’intervento in analisi consistesse nel fornire consigli su come comportarsi o soluzioni pronte all’uso, allora sarebbe psicoterapeutico. Ma l’analista sa che così facendo si rischia di cadere nella trappola tesa dalle resistenze e di vendere ai clienti-analizzandi un’altra merce rispetto a quella per cui pagano, trasformandoli nella stessa occasione in pazienti. Dal mio punto di vista non ci sarebbe addirittura incompatibilità a priori se un analizzando desiderasse o decidesse di andare da uno psicoterapeuta nella speranza di « farsi curare » un sintomo. L’importante sarebbe però permettergli di analizzare il suo desiderio o la sua decisione.

Il quadro entro il quale analista e analizzando devono potersi muovere liberamente è costituito, come rileva giustamente Szasz, dal tipo di contratto concordato inizialmente sulle regole dell’analisi. E’ quindi particolarmente importante che l’analista chiarisca sempre in partenza quale è il suo ruolo: analizzare il materiale portato in seduta, senza intervenire direttamente e con intento terapeutico sui sintomi. L’analista non crede nella malattia mentale. Il parere di Szasz a questo proposito è radicale: termini come quello di schizofrenia sono stati inventati dalla psichiatria moderna per catalogare il disagio nella malattia anche in assenza di istopatologia e di fisiopatologia dimostrabili. In quel modo, patologizzando il disagio, la psichiatria prima e un certo tipo di psicoanalisi in seguito (quella che si definisce « psicoterapia analitica »), hanno servito e servono tuttora al meglio la volontà politica di controllo sociale.

Un altro preliminare d’importanza fondamentale in analisi concerne la libera condizione intellettuale dell’analista. Se egli vuole insegnare l’autonomia e la libertà ai suoi analizzandi, non può che essere libero e autonomo egli stesso. Pertanto, anche se aderisce ad una scuola di pensiero o ad una istituzione analitica, non deve avere conti da rendere se non a sé stesso; così come non può coerentemente avvalersi di nessuna altra legittimazione di quella che gli proviene da una sua conquista interiore. Questa si ottiene attraverso una analisi personale autenticamente compiuta. Per questo Lacan rilevava che solo l’analisi personale può acquistare valore didattico. Per onestà si dovrebbe aggiungere che l’analisi personale non può nemmeno diventare un criterio formativo obbligatorio in quanto alcuni dei caposcuola più importanti della psicoanalisi non hanno mai vestito i panni dell’analizzando, anche se ad un certo punto avrebbero comunque potuto farlo. E anche perché l’analisi non può ritenersi l’unico mezzo in assoluto per accedere ad una certa conoscenza dell’inconscio. A questo riguardo Jung si mostrò particolarmente aperto sostenendo che una adeguata formazione in quel campo poteva anche derivare da una esperienza di vita particolarmente ricca e intensa, dalla conoscenza approfondita di un gran numero di persone, di ambienti e di culture diverse. Insomma, la psicoanalisi può certamente privilegiare alcuni criteri formativi, ma non dovrebbe avere (anche se è difficile) nessun tipo di pregiudizio.

Torniamo ora alla questione dell’ascolto. Si potrebbe pensare che non ci sia per forza bisogno di andare da un analista per trovare ascolto, che l’amico possa bastare e che oltre a ciò non ci si dovrebbe ragionevolmente aspettare un granché in termini di effetti terapeutici da una cosa « soft » come l’ascolto. Per quanto riguarda la prima obiezione vorrei mettere fortemente in dubbio la possibilità di trovare nell’amico o nel parente un ascolto vero e profondo come quello dell’analista. Basterebbe domandarci da quante persone abbiamo avuto il sentimento di essere stati veramente capiti e accettati per quello che siamo per renderci conto della rarità di una tale situazione. L’amico solleva dalla solitudine, scambia (o tenta di imporre) idee e opinioni, esalta la partecipazione a progetti in comune, condivide esperienze, entra a fare parte della nostra vita, ma non è neutrale; pretende riscontri, entra in competizione, etichetta facilmente, se la prende e non si cura minimamente di delucidare le determinazioni inconsce del rapporto. Del resto perché dovrebbe farlo visto che non ne sente l’esigenza e non è nemmeno pagato per questo? In sintesi, l’amico non è particolarmente disposto ad ascoltare.

La seconda obiezione richiede una risposta più articolata, che attinge alla logica ma che è direttamente collegata alla precedente. Se l’ascolto è così difficile da trovare, allora in che cosa consiste? E che cosa significa ascoltarsi? Ascoltare qualcuno significa avvicinarsi alle vere motivazioni dei suoi discorsi, quelle che si celano ad esempio dietro a un lapsus o a un sogno; vuol dire riportare l’interlocutore alla propria realtà. Sotto a questo profilo esiste una certa analogia tra la psicoanalisi e il taoismo zen i cui koan producono frequenti rivelazioni circa la realtà più intima dell’adepto. Vi sono essenzialmente tre tipi di risposte verbali possibili. Posso rispondere rimanendo sullo stesso piano del discorso apparente del mio interlocutore, e in quel caso non posso che trovarmi in accordo o in disaccordo con lui, ma le sue vere motivazioni non verranno contemplate nell’intervento. Se tento di uscire dal piano apparente del suo discorso seguendo una mia intuizione e buttandogliela in faccia rischio o di essere troppo diretto, o semplicemente di sbagliare. la terza possibilità è quella più propriamente « analitica » e consiste nel fare riflettere su punti poco chiari, su dimenticanze, su contraddizioni, su manifestazioni rapportabili a resistenze… Per esempio potrei chiedere ad un analizzando di un suo sbalzo di umore mentre mi asseriva di essere indifferente alla questione di cui mi stava parlando. Successivamente ad interventi come questi, e anche a transfert avviato, l’analizzando potrebbe esprimere l’intenzione di interrompere l’analisi richiamandosi a motivazioni apparentemente oggettive. Il successivo intervento dell’analista in quel caso è di attirare l’attenzione sul legame esistente tra il desiderio espresso dall’analizzando e quanto è successo precedentemente. In quel modo l’analizzando finisce per capire di essere l’unico responsabile e protagonista dell’andamento della sua analisi. Egli capisce che l’analisi gli permette di ascoltarsi, cosa ch’egli aveva magari sempre cercato, ma che non era mai riuscito a trovare né nei libri, né dall’amico, né dalla fidanzata, né dallo psichiatra, né dal terapeuta. Su questa semplice constatazione si basa per esempio la feconda distinzione introdotta da Lacan tra parola vuota e parola piena. La prima è quella molto diffusa del soggetto che non si ascolta e quindi gira in rotondo, del pettegolezzo, delle formule di convenienza, degli atteggiamenti verbali ecc. la cui vacuità sembra a volte inversamente proporzionale al debito di parole pronunciate. E’ una parola che non soddisfa perché non riesce a trovare un giusto compimento: a lungo andare si fa desolante, capricciosa, suicida. La seconda, al contrario, è la « parola psichica » che porta con sé l’anima della persona. Parola infuocata, tuonante, ma anche dolce come il mormorio dell’acqua, oppure piena di quella ironia che rivela l’antico connubio tra riso e verità. Da una parte quindi superficialità e alienazione, dall’altra la fonte del soggetto.

La psicoanalisi trova dunque nell’ascolto quell’elemento che più la caratterizza. Ascoltare è l’unica cosa che l’analista deve assolutamente sapere fare, l’unica prestazione che egli ha veramente il dovere di offrire a chi si rivolge a lui. Credo che la psicoanalisi, se non intende vendere la propria anima, debba onestamente limitarsi a ribadire e a riempire nella pratica la sua funzione analitica, riconoscendo i limiti, soprattutto quelli di ordine specificatamente terapeutico, legati alla sua natura e alla sua impostazione. Essa non mira direttamente né alla cura del sintomo, né alla risoluzione di particolari problemi, ma al raggiungimento di una chiarezza sufficiente riguardo alla proprie questioni. Il bisogno di parlare con qualcuno che sa ascoltare è probabilmente antico quanto l’uomo e forma una dinamica che si ritrova in tutti i tipi di rapporti interpersonali. In effetti il transfert dovrebbe a mio parere essere visto, più che come una ricerca inconscia di certe figure importanti del passato personale, come una ricerca mai riuscita in passato: quella di un interlocutore capace di ascoltare.

Antoine Fratini

Bibliografia:

I.Prigogine/I.Stengers, La nuova alleanza, Einaudi, 1993

T.S.Kuhn, La struttura delle rivoluzioni scientifiche, Einaudi, 1995

T.Szasz, L’etica della psicoanalisi, Armando 1979

T.Szasz, Schizofrenia simbolo sacro della psichiatria, Armando, 1984

S.Freud, Cinque conferenze (1910), Op.Complete, Boringhieri

C.G.Jung, Ricordi, sogni e riflessioni, Rizzoli

C.G.Jung, Pratica della psicoterapia, Op.Complete, Boringhieri

J.Lacan, Fonction et champ de la parole et du langage, in Ecrit, Seuil 1966

J.Lacan, Situation de la psychanalyse en 1956, in Ecrit, Seuil 1966

* Antoine Fratini, Parola e Psiche, Armando, 1999.

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